Valley International / ressources
Calendriers du départ de France et du retour, étape par étape
Une cession d’entreprise demande généralement plus de préparation qu’un changement de compte bancaire. Le calendrier doit donc partir de vos projets, des opérations envisagées et de votre date de mobilité.
Le départ et le retour obéissent à deux calendriers différents, et le retour est le plus long des deux. Un départ se prépare utilement sur douze mois, parce que l’essentiel des décisions doit être pris avant que le domicile fiscal ne quitte la France au sens de l’article 4 B du CGI.
Un retour se prépare plus tôt, sur vingt-quatre mois à titre de repère, parce que certaines opérations changent de traitement quand votre domicile fiscal revient en France : une donation de vos actifs étrangers entre alors dans le champ de l’article 750 ter du CGI, et une plus-value réalisée dans un pays qui ne l’impose pas devient imposable en France si la vente a lieu après le retour ; ces opérations doivent donc avoir été exécutées et documentées avant cette date.
Calendrier du départ
- Douze mois avant
- Qualifier le statut : détachement ou expatriation, et négocier les clauses correspondantes du contrat (santé, prévoyance, retraite, traitement fiscal des primes). Raison : elles se négocient avant la signature ; ensuite, elles ne changent que par avenant, avec l’accord de l’employeur. Voir « Détaché ou expatrié, deux régimes de sécurité sociale distincts ».
- Douze mois avant
- Recenser le patrimoine mobilier pour apprécier le champ de l’exit tax (article 167 bis du CGI), qui s’apprécie sur l’ensemble des titres et participations entrant dans son champ, les titres d’un PEA ou d’un PEA-PME en étant exclus, et pas sur les seules lignes que vous envisagez de vendre. Raison : c’est le recensement qui détermine si un calendrier de cession doit être construit. Voir « Exit tax : conditions, sursis et déclarations ».
- Douze mois avant
- Pour un dirigeant : arrêter la séquence entre cession, apport à une holding et départ. Raison : un apport-cession suppose que la holding existe avant la cession, donc avant même la lettre d’intention. Voir « Chef d’entreprise, l’ordre entre partir et vendre ».
- Six mois avant
- Traiter l’actionnariat salarié : fenêtres d’acquisition et de cession, périodes de conservation, sort des plans en cours en cas de mobilité. Raison : les calendriers de plan sont contractuels et ne se négocient pas au dernier moment. Voir « AGA, RSU et stock-options, partir avec un actionnariat salarié ».
- Six mois avant
- Décider du sort de chaque enveloppe : PEA, assurance-vie, compte-titres, épargne salariale. Raison : le départ n’entraîne plus en principe la clôture du PEA, mais la politique de votre banque et la fiscalité du pays d’accueil peuvent changer la réponse. Voir « PEA et compte-titres, ce qu’ils deviennent avec l’expatriation ».
- Six mois avant
- Demander par écrit à chaque établissement français s’il maintient vos comptes en non-résidence. Raison : une fermeture décidée après votre départ vous laisse sans solution bancaire française, et une ouverture à distance depuis l’étranger est nettement plus difficile.
- Trois mois avant
- Faire éditer un relevé de carrière et arbitrer la couverture retraite pour la période d’expatriation : assurance volontaire vieillesse, régimes complémentaires, prise en charge par l’employeur. Raison : le prix d’un trimestre racheté dépend de l’âge auquel la demande est faite et du revenu de référence retenu, si bien qu’un même trimestre ne coûte pas la même chose à quarante ans et à cinquante-cinq. Voir « Cotiser, racheter ou compléter sa retraite pendant l’expatriation ».
- Trois mois avant
- Mettre en place la couverture santé et prévoyance effective au premier jour dans le pays d’accueil, en vérifiant la clause de territorialité des contrats existants. Raison : un nouveau contrat peut prévoir un délai de carence, pendant lequel les soins ne sont pas remboursés, et un contrat existant peut exclure le pays d’accueil.
- Trois mois avant
- Traiter l’immobilier français conservé : bail, gestion, mandataire, et régime déclaratif des revenus fonciers de source française. Raison : une fois parti, les visites, la remise des clés et le suivi d’un impayé passent par un mandataire ou un proche sur place, et les loyers restent à déclarer en France.
- Le mois du départ
- Fixer et documenter la date du transfert de résidence : contrat de travail, bail local, déménagement, scolarisation, dates de vol. Raison : l’année du départ est coupée en deux, résident avant, non-résident après, et cette date conditionne le champ de l’exit tax comme la répartition des revenus.
- Le mois du départ
- Informer les établissements financiers du changement de résidence fiscale et mettre à jour les auto-certifications d’échange automatique d’informations. Raison : une résidence fiscale erronée dans les fichiers d’une banque produit des déclarations erronées à deux administrations.
- L’année suivante
- Déposer la déclaration de l’année du départ selon ses deux périodes, et effectuer le cas échéant les déclarations liées à l’exit tax. Raison : les obligations déclaratives conditionnent le bénéfice du sursis de paiement et des dégrèvements ultérieurs.
Calendrier du retour
- Vingt-quatre mois avant
- Décider des transmissions à réaliser tant que vous êtes non-résident : entre non-résidents et sur des actifs situés hors de France, la France n’a en principe pas de droit d’imposer au titre de l’article 750 ter du CGI. Raison : dès que votre domicile fiscal revient en France, vos donations entrent dans le champ des droits français, où que soient les biens ; un enfant domicilié en France y fait entrer la donation s’il y a eu son domicile au moins six des dix années précédentes. Voir « Préparer une donation avant votre retour en France ».
- Vingt-quatre mois avant
- Faire l’inventaire des plus-values latentes et le comparer au régime du pays où vous résidez encore. Raison : la France ne revalorise pas les prix d’acquisition à l’entrée, donc elle taxera un jour la totalité du gain, y compris la part accumulée à l’étranger. Voir « Vendre ses titres avant de rentrer, ou après ».
- Douze mois avant
- Réaliser les cessions décidées et documenter les prix, les dates et l’imposition locale éventuelle. Raison : c’est la date de la vente qui détermine quel pays impose le gain, et la preuve se constitue au moment des faits.
- Douze mois avant
- Loger les actifs conservés dans les enveloppes qui neutralisent ou diffèrent la fiscalité française, contrat luxembourgeois compris, et vérifier leur traitement en France. Raison : l’ancienneté fiscale court depuis la souscription, et rien ne permet de la reconstituer. Voir « L’assurance-vie luxembourgeoise pour les non-résidents ».
- Douze mois avant
- Vérifier l’éligibilité au régime d’impatriation de l’article 155 B du CGI, qui suppose une non-résidence fiscale française préalable et une prise de fonctions en France. Raison : les conditions d’entrée s’apprécient au regard du recrutement et des cinq années de résidence qui l’ont précédé, et ces deux éléments ne s’organisent pas après coup. Voir « Le régime d’impatriation : conditions et exonérations (article 155 B) ».
- Six mois avant
- Constituer le dossier de financement immobilier tant que vous êtes non-résident, ou préparer celui qui sera déposé au retour, avec les justificatifs de revenus étrangers traduits. Raison : les conditions et les pièces exigées diffèrent des deux côtés, et un changement de statut en cours d’instruction peut obliger à reprendre le dossier.
- Six mois avant
- Solder ce qui doit l’être dans le pays quitté : comptes inutiles, produits d’épargne locaux non transportables, droits à retraite locaux à liquider ou à faire acter. Raison : les démarches auprès d’une institution étrangère se font ensuite à distance, avec les délais et les pièces qu’elle exige des non-résidents.
- Trois mois avant
- Rassembler les justificatifs qui serviront au retour : attestations de résidence fiscale de chaque année passée à l’étranger, avis d’imposition locaux, preuves de cotisation retraite, contrats de travail. Raison : ce sont les pièces qui fondent l’éligibilité au régime d’impatriation et qui répondent à une demande de l’administration trois ans plus tard.
- Trois mois avant
- Faire l’inventaire des comptes et contrats étrangers à déclarer dès la première déclaration de résident : comptes bancaires et néobanques à IBAN étranger (article 1649 A du CGI), comptes d’actifs numériques tenus à l’étranger (article 1649 bis C du CGI, imprimé 3916-bis), contrats d’assurance-vie étrangers (article 1649 AA du CGI). Raison : l’amende s’applique par compte et par année : article 1736 IV pour les comptes bancaires, X du même article pour les comptes d’actifs numériques.
- Jour J
- Documenter la date d’établissement en France : bail ou acte, contrat de travail, scolarisation, dates d’arrivée. Raison : l’année du retour est coupée en deux, non-résident avant, résident après, et la date conditionne la répartition des revenus.
- Jour J
- Activer le régime d’impatriation à la prise de fonctions, et conserver la trace des éléments de rémunération qui en relèvent. Raison : l’exonération porte sur des éléments identifiés dès l’embauche, non sur une fraction reconstituée après coup.
- L’année suivante
- Déposer la déclaration de l’année du retour selon ses deux périodes, avec les annexes de comptes étrangers, et vérifier quels biens entrent dans l’impôt sur la fortune immobilière : seuls vos biens français y entrent jusqu’au 31 décembre de la cinquième année qui suit celle du retour, si vous n’avez pas été résident fiscal de France pendant les cinq années civiles qui le précèdent (article 964 du CGI). Raison : la première déclaration fixe la situation de départ pour les années suivantes.
Les deux guides de ces calendriers
Cette page donne l’ordre. Deux guides le déroulent pas à pas : « Le guide pour partir avec un PEA et un compte-titres » pour la sortie, qui traite le placement le plus sensible au changement de résidence, et « Le guide pour préparer votre retour en France » pour l’entrée, qui commence deux ans avant l’arrivée, un repère qui laisse le temps d’exécuter en non-résidence les opérations qui le demandent. Nous construisons ce calendrier avec vous au premier entretien, en partant de la date de transfert de résidence et en remontant le temps.
Le calendrier se lit ensuite différemment selon qui part. « Première expatriation, les décisions à prendre avant de partir » s’adresse à qui n’a encore rien construit et pour qui l’ordre importe plus que le montant.
« Régime matrimonial et transmission pour un couple binational » ajoute une seconde loi applicable, qui ne suit pas le même calendrier que la fiscalité. Et « Le fonctionnaire en poste à l’étranger, retraite et fiscalité » décrit la situation où le départ ne déplace pas le domicile fiscal, ce qui vide de leur objet la moitié des étapes ci-dessus.
Les dates et les justificatifs à conserver
La date d’une vente, d’une donation ou d’une souscription peut en modifier les conséquences. Pour chaque opération envisagée, nous examinons ce qui doit être préparé avant le changement de résidence et ce qui peut être réalisé ensuite. Conservez les actes et les justificatifs : ils permettent de retracer les décisions prises et les dates de leur réalisation.
Les étapes peuvent se chevaucher et ne fixent pas de délais obligatoires.
Départ
Repères
- En amontTitres et exit tax
- AvantPlacements et comptes
- AvantRetraite, santé
- Jour JTransfert documenté
- N+1Déclaration
Retour
Repères
- En amontProjets de transmission
- AvantVentes, emploi prévu
- AvantFinancement, comptes
- Jour JRésidence à établir
- N+1Déclarations et IFI
Ces étapes servent à préparer les questions et les documents, sans imposer un délai de douze ou vingt-quatre mois. Le calendrier dépend des opérations envisagées. Le retour ne déclenche pas automatiquement le régime d’impatriation ; les déclarations et les éventuelles exonérations doivent être examinées séparément.
Références citées
CGI, art. 4 B · CGI, art. 750 ter · CGI, art. 167 bis · CGI, art. 155 B · CGI, art. 1649 A · CGI, art. 1649 bis C · CGI, art. 1649 AA · CGI, art. 964
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour préparer un départ de France ?
Commencez dès que le projet se précise. Le délai dépend des opérations : contrat de travail, cession d’entreprise, immobilier ou transmission. Un inventaire permet d’identifier les priorités et les démarches qui peuvent avancer en parallèle.
Pourquoi le retour se prépare-t-il sur vingt-quatre mois ?
Un horizon de vingt-quatre mois peut être utile pour préparer une vente importante, une transmission ou un financement. Ce n’est pas une durée obligatoire. Le calendrier se construit selon les opérations envisagées et les règles applicables avant et après le retour.
Que se passe-t-il si je pars en cours d’année ?
L’année du départ est traitée en deux périodes : résident jusqu’à la date du transfert du domicile fiscal, non-résident ensuite. La déclaration déposée l’année suivante reflète cette coupure. Cette date commande le partage de vos revenus entre les deux périodes, et c’est à cette date que s’apprécient les conditions de l’exit tax de l’article 167 bis du CGI : la durée de votre domicile fiscal en France sur les dix années précédentes, et la valeur ou la part de vos titres.
Puis-je encore agir si je pars dans trois mois ?
Oui. Il faut commencer par les décisions les plus urgentes : couverture sociale, banques, logement et obligations liées au départ. Les opérations plus longues sont examinées selon leur état d’avancement. Certaines démarches pourront se poursuivre après l’installation.
ÉTHIQUE ET PATRIMOINE, société par actions simplifiée, siège social 41 rue Saint-Ferdinand, 75017 Paris, RCS Paris 803 414 796, TVA intracommunautaire FR 40 803 414 796, immatriculée à l’ORIAS sous le numéro n° 24001817 (www.orias.fr) — Conseiller en investissements financiers n° 18002418, membre de l’ANACOFI-CIF, association professionnelle agréée par l’Autorité des marchés financiers, et Anacofi-Courtage au titre de l’activité de courtage. Présence : Paris, Montpellier, Londres, Singapour, Hong Kong, Bangkok, Shanghai et Dubaï.
Bâtir mon calendrier avec le cabinet
Prendre rendez-vousÀ lire ensuite
Rédigé par Stéphane Molère, Président d’Éthique et Patrimoine — page relue le 2026-09-15 — date de référence des règles : 2026-08-27.