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Questions fréquentes des Français de l'étranger
Ces questions reviennent dans presque tous les premiers entretiens. Les réponses ci-dessous sont volontairement courtes : chacune renvoie à la page qui la traite en détail.
La plupart des questions posées par les Français de l'étranger se ramènent à trois points de droit : la résidence fiscale, définie à l'article 4 B du CGI et arbitrée par la convention applicable ; l'imposition des revenus de source française d'un non-résident, énumérés à l'article 164 B du CGI ; et les obligations déclaratives portant sur les comptes et contrats détenus à l'étranger, prévues aux articles 1649 A et 1649 AA du CGI et sanctionnées par l'article 1736 IV. Les réponses détaillées figurent dans la liste ci-dessous.
Si votre question porte sur un pays précis, commencez par la fiche correspondante dans « Les fiches pays, votre situation convention par convention ». Si elle porte sur votre statut — cadre détaché ou expatrié, dirigeant, retraité, agent public, couple binational —, la section « Votre situation professionnelle change tout » traite chaque profil séparément. Si elle porte sur une date, la page « Calendriers du départ et du retour » situe l'étape concernée.
Les trois piliers du site
- Le départ : « Préparer son patrimoine avant de partir de France » traite les enveloppes, l'actionnariat salarié et l'exit tax.
- La vie à l'étranger : « Investir et transmettre depuis l'étranger en non-résident » traite l'assurance-vie luxembourgeoise, les SCPI en non-résidence et la retraite de l'expatrié.
- Le retour : « Les 24 mois qui comptent avant de revenir en France » traite la liquidation préalable, le régime d'impatriation et la transmission avant réinstallation.
Si votre question manque à la liste
Les questions posées par nos clients alimentent ces pages. Si la vôtre n'y figure pas, elle est probablement spécifique à votre convention ou à votre statut : c'est l'objet d'un premier entretien.
Références citées
CGI, art. 4 B · CGI, art. 164 B · CGI, art. 1649 A · CGI, art. 197 A · CGI, art. 167 bis · CGI, art. 155 B · Règlement (UE) n° 650/2012
Questions fréquentes
Suis-je encore résident fiscal français si ma famille reste en France ?
Très probablement oui. L'article 4 B du CGI retient en premier lieu le foyer, entendu comme le lieu de résidence habituelle de la famille, et un seul des critères qu'il énumère suffit à établir le domicile fiscal en France. Un départ seul, avec conjoint et enfants restés en France, est la situation la plus fréquemment redressée. En cas de double résidence, la convention applicable arbitre selon ses propres critères, à commencer par le foyer d'habitation permanent et le centre des intérêts vitaux.
Dois-je déclarer mes comptes bancaires à l'étranger ?
Oui, tant que vous êtes résident fiscal français. L'article 1649 A du CGI impose de déclarer tout compte ouvert, détenu, utilisé ou clos à l'étranger, y compris les néobanques à IBAN étranger et les comptes sur plateformes d'échange d'actifs numériques (qui relèvent, elles, de l'article 1649 bis C du CGI et de l'imprimé 3916-bis). Les contrats d'assurance-vie et de capitalisation souscrits à l'étranger relèvent de l'article 1649 AA du CGI. L'omission d'un compte bancaire est sanctionnée par l'amende de l'article 1736 IV du CGI, par compte et par année, majorée pour les États non coopératifs.
Mon PEA est-il clôturé si je pars à l'étranger ?
Non dans la plupart des cas : depuis 2012, le transfert du domicile fiscal hors de France n'entraîne plus la clôture automatique du PEA, sauf départ vers un État ou territoire non coopératif. Deux réserves : votre banque peut appliquer sa propre politique commerciale aux non-résidents, et votre pays de résidence peut imposer le plan selon ses règles propres. Les deux points se vérifient par écrit avant le départ.
Puis-je garder mon assurance-vie française en étant expatrié ?
Oui en principe, et c'est souvent souhaitable : l'antériorité fiscale du contrat court depuis la souscription et ne se rachète pas. Le rachat effectué par un non-résident est traité selon la convention fiscale applicable, ce qui peut modifier sensiblement le résultat par rapport à un résident. Vérifiez aussi la position de votre assureur à l'égard des résidents de votre pays d'accueil : certains restreignent les versements.
Qui impose mes loyers français quand je vis à l'étranger ?
La France. Les revenus des immeubles sont imposables dans l'État où l'immeuble est situé — c'est la règle la plus constante des conventions fiscales — et ils figurent parmi les revenus de source française de l'article 164 B du CGI. Votre pays de résidence peut également les prendre en compte, en éliminant la double imposition selon la méthode prévue par la convention. Le taux minimum de l'article 197 A du CGI encadre le calcul français, sauf justification d'un taux moyen inférieur.
Vaut-il mieux vendre ses titres avant ou après le départ de France ?
Cela dépend du pays d'arrivée. Si votre nouvel État de résidence n'impose pas les plus-values mobilières, céder après le transfert de résidence peut effacer l'impôt sur la plus-value — sous réserve de l'exit tax de l'article 167 bis du CGI si votre patrimoine mobilier dépasse le seuil, et sous réserve du délai de conservation qui conditionne le dégrèvement. La séquence se construit avec les deux règles en même temps, avant le départ.
Qu'est-ce que l'exit tax et suis-je concerné ?
C'est l'imposition, au jour du transfert du domicile fiscal hors de France, des plus-values latentes sur droits sociaux, des créances de complément de prix et des plus-values placées en report (article 167 bis du CGI). Elle suppose d'avoir été résident fiscal français six des dix années précédant le départ, et de dépasser un seuil de patrimoine en valeurs mobilières ou de détenir une participation significative dans une société. Un sursis de paiement s'applique, et un dégrèvement est possible si les titres ne sont pas cédés dans le délai légal de conservation.
L'exit tax concerne-t-elle mon immobilier ?
Non : elle vise les valeurs mobilières et droits sociaux. L'immobilier français détenu par un non-résident relève d'autres règles, notamment le prélèvement sur les plus-values immobilières des non-résidents de l'article 244 bis A du CGI, qui peut exiger la désignation d'un représentant fiscal accrédité selon la résidence du vendeur et les caractéristiques de la vente.
Puis-je emprunter en France en étant non-résident ?
Oui, mais l'offre est plus étroite. Peu d'établissements financent les non-résidents, les conditions dépendent du pays de résidence, de la devise des revenus et de la nature du projet, et l'apport demandé est généralement plus élevé que pour un résident. Une alternative existe lorsque l'on détient déjà un portefeuille : le crédit lombard, adossé au nantissement d'un contrat ou d'un compte-titres, qui évite de céder les actifs — avec son propre risque d'appel de marge.
Comment se passe la retraite quand on a cotisé dans plusieurs pays ?
Chaque pays liquide sa propre pension selon ses règles. Au sein de l'Union européenne, de l'Espace économique européen et de la Suisse, la coordination organisée par le règlement (CE) n° 883/2004 permet de totaliser les périodes pour l'ouverture des droits. Hors de cet espace, la totalisation n'existe que s'il y a une convention bilatérale de sécurité sociale entre la France et le pays concerné. Ailleurs, les périodes ne comptent pas pour le droit français, sauf adhésion à l'assurance volontaire vieillesse. Conservez, pays par pays, vos numéros d'affiliation et vos attestations.
Mes années d'expatriation comptent-elles pour ma retraite française ?
En détachement, oui : l'affiliation française est maintenue et les cotisations continuent. En expatriation, non au titre de l'activité exercée à l'étranger, sauf adhésion à l'assurance volontaire vieillesse auprès de la Caisse des Français de l'étranger, ou totalisation ultérieure dans un pays conventionné. Le rachat de trimestres reste possible plus tard, mais son coût augmente avec l'âge et le revenu au moment du rachat.
Que se passe-t-il si je reviens en France ?
Vous redevenez résident fiscal français dès votre réinstallation avec l'intention d'y rester, sans période de grâce : vos revenus mondiaux redeviennent imposables en France et vos comptes étrangers deviennent déclarables. Point décisif, la France ne revalorise pas les prix d'acquisition à l'entrée : elle taxera un jour la totalité de vos plus-values, y compris la part accumulée pendant l'expatriation. C'est pourquoi le retour se prépare sur environ vingt-quatre mois.
Puis-je bénéficier du régime d'impatriation à mon retour ?
Si vous rentrez pour occuper un emploi en France et que vous n'avez pas été résident fiscal français pendant les cinq années civiles précédant votre prise de fonctions, le régime de l'article 155 B du CGI peut s'appliquer, pour une durée courant jusqu'au 31 décembre de la huitième année suivant la prise de fonctions. L'éligibilité se constate à la prise de fonctions et les éléments exonérés doivent être identifiés dès l'embauche : ce régime ne se rattrape pas après coup.
Mes enfants nés à l'étranger héritent-ils selon le droit français ?
Pas nécessairement. Le règlement (UE) n° 650/2012 soumet en principe l'ensemble de la succession à la loi de l'État de votre dernière résidence habituelle, avec la faculté de choisir par testament la loi de l'État de votre nationalité. Si la loi applicable ignore la réserve héréditaire, la répartition peut différer de ce que prévoit le droit français ; le code civil prévoit à son article 913 un mécanisme de prélèvement compensatoire dans certaines configurations. La nationalité de vos enfants n'est pas, en elle-même, le critère.
Y a-t-il une convention fiscale entre la France et mon pays pour les successions ?
Le plus souvent non : le réseau français de conventions en matière de succession et de donation est très réduit, contrairement à celui portant sur les revenus. En l'absence de convention, la France applique l'article 750 ter du CGI — droit d'imposer selon la résidence du défunt ou du donateur, la situation des biens, et la résidence de l'héritier — et l'autre État applique son propre droit, avec un risque réel de double imposition.
Dois-je désigner un représentant fiscal pour vendre mon bien en France ?
Cela dépend de votre pays de résidence et des caractéristiques de la vente. L'article 244 bis A du CGI prévoit la désignation d'un représentant fiscal accrédité pour certaines cessions d'immeubles français par des non-résidents, avec des dispenses tenant notamment à la résidence du vendeur dans l'Espace économique européen et aux caractéristiques de l'opération. Le notaire chargé de la vente vérifie ce point, mais il vaut mieux l'anticiper : la désignation prend du temps et a un coût.
Un contrat d'assurance-vie luxembourgeois est-il utile si je change souvent de pays ?
C'est même son usage principal. Le Luxembourg n'impose pas le contrat d'un souscripteur non-résident : seule la fiscalité de votre pays de résidence s'applique, quel qu'il soit et quel qu'il devienne. Le contrat vous suit sans être rouvert, et conserve son antériorité. Deux limites : certains pays imposent les contrats étrangers selon leurs propres règles, et le statut de contribuable américain ferme la plupart de ces contrats.
Le cabinet peut-il m'accompagner depuis l'étranger ?
Oui : les entretiens se tiennent en visioconférence sur vos horaires, et les dossiers se traitent sur pièces transmises par voie numérique. La souscription à distance des enveloppes patrimoniales est courante, sous réserve des vérifications réglementaires d'identité et d'origine des fonds, dont les justificatifs sont adaptés à une situation de non-résident.
ÉTHIQUE ET PATRIMOINE, société par actions simplifiée, siège social 41 rue Saint-Ferdinand, 75017 Paris, RCS Paris 803 414 796, TVA intracommunautaire FR 40 803 414 796, immatriculée à l'ORIAS sous le numéro n° 24001817 (www.orias.fr) — Conseiller en investissements financiers n° 18002418, membre de l'ANACOFI-CIF, association professionnelle agréée par l'Autorité des marchés financiers, et Anacofi-Courtage au titre de l'activité de courtage. Présence : Paris, Montpellier, Singapour, Hong Kong, Bangkok, Shanghai et Dubaï.
Poser ma question en premier entretien
Prendre rendez-vousRédigé par Stéphane Molère, Président d'Éthique et Patrimoine — page relue le 2026-08-27 — les règles citées sont celles en vigueur à cette date.