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La règle du prix d'acquisition avant de liquider et de rentrer

C'est le point le plus contre-intuitif du retour : les plus-values que vous avez accumulées à l'étranger, dans des pays qui ne les imposent pas, deviennent taxables en France si vous vendez après votre retour, calculées depuis le prix d'origine.

Le retour en France ne remet aucun compteur à zéro. Vos titres conservent leur prix d'acquisition d'origine, quelle que soit leur valeur le jour où vous redevenez résident, et la plus-value accumulée pendant vos années à l'étranger devient imposable en France dès la première cession postérieure au retour. Cela vaut même lorsque cette plus-value s'est formée dans un pays qui ne l'imposait pas : l'exonération étrangère ne se transporte pas. La seule fenêtre utile se situe donc avant le retour, pendant que vous êtes encore non-résident.

Pas de « step-up » à la française

Certains pays revalorisent le prix d'acquisition des titres à la valeur du jour de l'arrivée. La France, non : si vous avez acheté à 100 il y a dix ans, que le titre vaut 300 le jour du retour, et que vous vendez à 320 six mois après, la France taxe 220, dont 200 accumulés pendant que vous étiez à l'étranger.

La conséquence est mécanique : tout portefeuille en plus-value latente détenu dans un pays qui n'impose pas — ou peu — les gains en capital mérite une revue ligne à ligne avant le retour. Céder puis racheter le même titre peut suffire à « purger » la plus-value au prix d'acquisition actuel : ce qui compte est la date de cession par rapport à la date de résidence. Cette opération doit être réelle et se concevoir avec un délai : exécutée dans la précipitation à la veille du retour, elle expose à une requalification sur le terrain de l'abus de droit (art. L. 64 et L. 64 A du Livre des procédures fiscales), l'administration appréciant la séquence d'ensemble et non chaque ordre isolément.

Cette logique s'inverse pour ceux qui ont quitté la France sous exit tax : une cession trop rapide peut cristalliser l'imposition française établie au départ. Et certains pays d'accueil taxent les cessions selon leurs propres règles. La revue se fait dossier par dossier, sur pièces.

Questions fréquentes

La France taxe-t-elle les plus-values gagnées pendant mon expatriation ?

Oui, si vous cédez après être redevenu résident fiscal français : la plus-value se calcule depuis votre prix d'acquisition d'origine, sans revalorisation à l'entrée. C'est pourquoi la cession avant le retour, dans un pays qui n'impose pas les gains, change radicalement le résultat.

Puis-je vendre et racheter immédiatement les mêmes titres ?

Techniquement, la cession réalise la plus-value dans votre pays de résidence au jour de la vente et le rachat reconstitue la position à un prix d'acquisition actualisé. Mais l'immédiateté du rachat est le paramètre qui pose problème : une opération dépourvue de substance, conçue à la seule fin d'effacer l'impôt français à venir, s'expose à l'abus de droit (art. L. 64 et L. 64 A du Livre des procédures fiscales). L'opération doit être réelle, documentée et suffisamment éloignée du retour ; elle se décide au cas par cas.

Et pour l'immobilier détenu à l'étranger ?

La même logique de calendrier s'applique, avec des règles propres : les conventions fiscales attribuent en général l'imposition des plus-values immobilières à l'État de situation du bien, et la France applique ses règles aux résidents qui cèdent un bien étranger, sous réserve de la convention. À examiner bien avant le retour.

ÉTHIQUE ET PATRIMOINE, société par actions simplifiée, siège social 41 rue Saint-Ferdinand, 75017 Paris, RCS Paris 803 414 796, TVA intracommunautaire FR 40 803 414 796, immatriculée à l'ORIAS sous le numéro n° 24001817 (www.orias.fr) — Conseiller en investissements financiers n° 18002418, membre de l'ANACOFI-CIF, association professionnelle agréée par l'Autorité des marchés financiers, et Anacofi-Courtage au titre de l'activité de courtage. Présence : Paris, Montpellier, Singapour, Hong Kong, Bangkok, Shanghai et Dubaï.

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Rédigé par Stéphane Molère, Président d'Éthique et Patrimoinepage relue le 2026-08-27 — les règles citées sont celles en vigueur à cette date.