PEA et compte-titres, ce qu’ils deviennent avec l’expatriation
Un PEA ouvert avant le départ peut être conservé après l’expatriation, sauf départ vers un État ou territoire non coopératif. Un compte-titres ordinaire, souvent désigné par le sigle CTO, suit d’autres règles. Pour chacun, rapprochez les règles françaises de la fiscalité de votre pays de résidence et des conditions de votre banque.
Le transfert de votre domicile fiscal à l’étranger n’entraîne plus, depuis 2012, la clôture automatique du PEA, sauf départ vers un État ou territoire non coopératif. Le compte-titres suit d’autres règles. Pour chacun, il faut examiner les conditions de la banque et la fiscalité dans le pays où vous allez vivre.
L’article Le PEA du non-résident détaille la conservation du plan, les versements, les retraits et le retour en France. Cette fiche compare le PEA au compte-titres pour les décisions à préparer avant le départ.
Le sort du PEA après le départ, et la position de votre banque
Sauf départ vers un État ou territoire non coopératif, le plan peut être conservé après le départ. La résidence fiscale française est une condition d’ouverture, pas une condition des versements prévue par l’article L. 221-30 du Code monétaire et financier. Les plafonds du plan et les conditions de votre banque restent à respecter.
Demandez à votre banque si elle accepte de conserver votre PEA dans votre pays de destination et quelles opérations resteront possibles. Vérifiez ensuite comment ce pays traitera les retraits. Ces réponses permettent d’examiner l’intérêt de conserver le plan et d’y effectuer de nouveaux versements.
La possibilité légale de conserver un PEA ne suffit pas à connaître la position de votre banque. Les établissements peuvent appliquer des restrictions selon le pays de résidence. Il faut obtenir les conditions applicables à votre compte plutôt que les déduire de l’expérience d’un autre client.
Demandez une réponse écrite à l’établissement. S’il refuse de conserver le PEA, examinez la possibilité de le transférer vers une banque qui accepte votre situation. Faites vérifier les modalités et le délai du transfert avant de demander une clôture, qui n’a pas les mêmes conséquences pour l’ancienneté du plan.
Le compte-titres et l’imposition de la plus-value
Une cession pendant l’expatriation peut recevoir un traitement différent d’une cession après le retour. Il faut comparer l’impôt dans le pays de résidence avec les règles françaises, notamment l’article 244 bis B pour certaines participations et une éventuelle exit tax encore à suivre. Le prix d’acquisition retenu au retour doit aussi être établi pour les titres concernés. La fiche Exit tax, qui est concerné et comment l’anticiper présente ce volet.
Le tri des titres, ligne par ligne, avant le départ
Nous comparons les ventes envisagées avant et après le changement de résidence. Pour chaque titre, nous avons besoin du prix d’acquisition, de la valeur actuelle et des règles applicables dans les deux pays. Les frais et l’intérêt de conserver le placement font également partie de la décision.
- Les moins-values : vérifier si une vente permettrait leur utilisation dans le cadre des règles françaises et avec quels délais.
- Les plus-values : comparer leur traitement dans les deux pays et examiner l’exit tax de l’article 167 bis du CGI.
- Le PEA : distinguer la vente d’un titre à l’intérieur du plan d’un retrait. Les conséquences dépendent notamment de l’ancienneté du plan et de votre résidence.
- Le calendrier : si vous relevez de l’exit tax, vérifier l’effet d’une vente sur le sursis et les possibilités de dégrèvement avant de passer l’ordre.
La liste des États non coopératifs, à vérifier nommément
Le seul cas où le départ entraîne réellement la clôture du plan est l’installation dans un État ou territoire non coopératif au sens de l’article 238-0 A du CGI : une condition de fonctionnement cesse alors d’être remplie, et la clôture intervient selon l’article 1765 du CGI.
Cette liste est mise à jour par arrêté et elle évolue : elle se vérifie pour votre destination précise, à la date de votre départ, et non sur un souvenir. Le cycle de vie complet du plan une fois parti — conserver, verser, clôturer, revenir — est traité dans l’article « Le PEA du non-résident, entre conservation et clôture ».
L’ordre des opérations dans les derniers mois
La date du transfert de résidence fiscale doit être établie selon votre situation, l’article 4 B du CGI et la convention applicable. Elle ne correspond pas nécessairement au déménagement physique. Nous utilisons cette date pour comparer les opérations envisagées. Le guide pour partir avec un PEA et un compte-titres précise les documents à réunir.
- Dès que le projet se précise : réunir les relevés et prix d’acquisition, puis demander à la banque les conditions de conservation du PEA.
- Avant une vente : comparer la fiscalité et les frais, y compris les éventuelles conséquences de l’exit tax.
- Si un transfert du PEA est envisagé : obtenir l’accord du nouvel établissement et vérifier le délai annoncé.
- Après le départ : actualiser vos informations et conserver les documents utiles aux déclarations et aux ventes futures.
Références citées
CGI, art. 167 bis · CGI, art. 238-0 A · CGI, art. 1765 · CGI, art. 4 B · CMF, art. L. 221-30 · CGI, art. 244 bis B
Questions fréquentes
Mon PEA est-il clôturé si je pars à l’étranger ?
Non dans la plupart des cas : depuis 2012, le départ n’entraîne plus la clôture automatique, sauf transfert vers un État ou territoire non coopératif. Votre banque peut en revanche appliquer sa propre politique commerciale aux non-résidents, à vérifier avant le départ.
Puis-je encore verser sur mon PEA en étant non-résident ?
Oui, le départ n’interdit pas à lui seul les versements sur un PEA conservé, hors transfert dans un État ou territoire non coopératif. Les plafonds et les conditions de votre banque restent à respecter. Avant d’alimenter le plan, comparez ses frais, les placements accessibles et le traitement des opérations dans votre pays de résidence ; la possibilité de verser ne suffit pas à justifier ce choix.
Vaut-il mieux vendre mon compte-titres avant ou après le départ ?
Il faut comparer le traitement de la vente dans les deux pays, les frais et les éventuelles conséquences de l’exit tax. Le pays de résidence ne suffit pas à déterminer la réponse : la participation détenue, la convention et les dates de l’opération comptent également.
ÉTHIQUE ET PATRIMOINE, société par actions simplifiée, siège social 41 rue Saint-Ferdinand, 75017 Paris, RCS Paris 803 414 796, TVA intracommunautaire FR 40 803 414 796, immatriculée à l’ORIAS sous le numéro n° 24001817 (www.orias.fr) — Conseiller en investissements financiers n° 18002418, membre de l’ANACOFI-CIF, association professionnelle agréée par l’Autorité des marchés financiers, et Anacofi-Courtage au titre de l’activité de courtage. Présence : Paris, Montpellier, Londres, Singapour, Hong Kong, Bangkok, Shanghai et Dubaï.
Examiner mes placements avant le départ
Prendre rendez-vousÀ lire ensuite
Rédigé par Stéphane Molère, Président d’Éthique et Patrimoine — page relue le 2026-10-14 — date de référence des règles : 2026-09-06.