Valley International / articles
Financer les études d’un enfant quand on vit à l’étranger
Publié le 29 octobre 2026 · 7 min
Pour financer les études d’un enfant depuis l’étranger, partez du calendrier des factures et de la devise dans laquelle chacune sera payée. Le capital à réunir est ce qui reste une fois retirée la part que vos revenus paieront pendant le cursus, et il doit être disponible dans la bonne monnaie à la date de chaque paiement.
Une famille installée à Singapour, à Dubaï ou à Hong Kong prépare souvent des études dont le pays n’est pas encore choisi. Les frais seront payés en livres sterling, en dollars canadiens ou en euros, à des dates fixées par l’établissement, alors que les revenus du foyer arrivent dans une autre monnaie. Le budget se construit donc année par année, dans la devise de chaque facture, avant de choisir où placer l’argent.
Le budget de chaque année, dans la devise des frais
Demandez aux établissements envisagés les frais publiés pour le cursus et leur échéancier : un acompte à l’admission, des frais d’inscription avant la rentrée, puis des versements par semestre ou par année selon l’établissement. Séparez ensuite le logement, avec son dépôt et ses frais d’installation, et la vie courante dans la ville retenue. Une facture de scolarité payable avant l’été et un loyer mensuel n’ont pas le même calendrier, et ne demandent pas le même argent au même moment.
Deux postes manquent souvent au premier budget d’une famille expatriée. Les voyages entre le pays des études et celui des parents, qui peuvent être plusieurs par an. La couverture santé de l’étudiant, qui n’est plus forcément celle de la famille dès qu’il change de pays : demandez à votre assureur ce que le contrat prévoit pour un enfant qui étudie ailleurs. Inscrivez les deux au budget, plutôt que de les laisser à la réserve de précaution.
| Critère | Ce qu’il faut réunir | Date et devise du paiement |
|---|---|---|
| Scolarité | Le tarif publié du cursus, l’acompte d’admission et l’échéancier. | Aux dates fixées par l’établissement, dans sa monnaie. |
| Logement | Loyer, dépôt de garantie et frais d’installation. | Avant l’arrivée pour le dépôt, puis chaque mois, dans la monnaie du pays des études. |
| Vie courante | Un budget mensuel pour la ville retenue. | Chaque mois, dans la monnaie du pays des études. |
| Voyages | Le nombre de trajets prévus par an et leurs destinations. | Aux dates des réservations, souvent dans la monnaie des parents. |
| Santé | Les garanties du contrat de la famille pour un enfant qui étudie dans un autre pays, et le reste à charge. | Selon la couverture retenue. |
Si deux ou trois destinations restent possibles, faites un tableau par destination plutôt qu’une moyenne. Le total converti dans la monnaie de vos revenus permet de les comparer aujourd’hui, en notant le taux de change retenu et sa date ; il ne fixe pas ce que coûtera une facture payée dans deux ou cinq ans dans une autre monnaie.
La part payée par les revenus, la part payée par le capital
Le capital à réunir n’est pas le coût total des études. Pendant le cursus, vos revenus en paieront une partie : le logement et la vie courante, souvent, quand la scolarité arrive en une fois. Écrivez cette contribution année par année, à côté de l’épargne déjà affectée aux études ; la différence est le capital qui doit exister à chaque date.
Refaites ensuite le calcul avec des revenus plus bas. Un retour en France, une période sans emploi ou la fin d’une prise en charge scolaire prévue par le contrat d’expatriation changent la part que les revenus peuvent payer. Le tableau indique alors quelles années restent couvertes par l’épargne et lesquelles demanderaient de reporter une dépense, de la financer autrement ou d’ajuster le projet.
L’argent prévu pour les études ne compte pas en même temps dans la réserve de précaution. L’épargne de précaution d’un expatrié couvre les imprévus et les périodes sans revenu ; les sommes des études s’y ajoutent. Si un même compte porte plusieurs projets, la somme des montants affectés à chacun ne doit pas dépasser son solde.
La conversion dans la devise des études
Tant qu’une somme n’est pas convertie, ce qu’elle représente dans la devise des études varie avec le change. Une conversion en une fois fixe le montant obtenu pour la somme changée, après frais. Des conversions réparties dans le temps laissent la partie non convertie exposée aux mouvements de change, à la hausse comme à la baisse, et ne garantissent pas un coût final plus bas.
Tant que la destination n’est pas choisie, convertir toute l’épargne dans la monnaie d’un pays crée un nouveau change à faire si l’enfant part ailleurs. Les frais déjà certains, un acompte versé ou une admission confirmée, peuvent être convertis ; les dépenses encore hypothétiques restent dans la monnaie de départ. L’article sur le risque de change dans un patrimoine d’expatrié rapproche les placements des dépenses futures dans chaque devise.
L’argent disponible à la date de chaque facture
L’AMF demande de fixer l’objectif, l’horizon et le risque que l’on accepte avant de choisir un placement. Pour les études, l’horizon n’est pas une date unique : chaque année du cursus a la sienne. Une somme due dans six mois ne se place pas comme une somme due dans six ans.
Pour chaque placement affecté aux études, demandez le délai entre la demande de retrait et l’arrivée de l’argent, les frais de sortie, et si vous pouvez récupérer moins que ce que vous avez versé. Un placement qui se vend en quelques jours peut se vendre après une baisse ; la rapidité de la vente ne protège pas le montant. Pour une facture qui ne se reporte pas, comme un acompte d’admission, la somme doit être sur un support dont la valeur ne baisse pas d’ici la date du paiement.
Placez enfin les dates de retrait en face des factures. Une sortie possible après la rentrée ne paie pas un acompte demandé avant l’été. Pour un contrat d’assurance ou un compte détenu dans un autre pays, demandez à l’établissement les opérations qu’il accepte compte tenu de votre pays de résidence, et le délai de traitement d’un retrait. L’article Expatrié : comment organiser votre patrimoine ? montre, sur un exemple construit, un budget d’études en dollars réparti entre trésorerie et épargne investie.
Le titulaire de l’épargne
Avant d’ouvrir un compte ou un contrat pour les études, décidez s’il sera à votre nom ou à celui de l’enfant. À votre nom, l’argent reste le vôtre : vous décidez de son usage, y compris si le projet change.
Au nom de l’enfant, il lui appartient ; en droit français, ses parents administrent ses biens tant qu’il est mineur (Code civil, art. 382), et à sa majorité il en dispose. Le pays de résidence de la famille et celui de l’établissement financier peuvent prévoir d’autres règles, à demander avant l’ouverture.
Mettre de l’argent au nom de l’enfant revient à lui donner ce capital, avec les conséquences civiles et fiscales d’une donation dans les pays concernés. Financer les études et transmettre sont deux décisions distinctes : cet article ne recommande ni l’une ni l’autre forme de détention.
Le budget révisé à chaque étape du projet
Reprenez le tableau à chaque étape : le choix du pays, l’admission, le logement trouvé, le calendrier de paiement reçu. Les sommes disponibles se rapprochent alors des factures connues, et les placements dont la valeur varie se réduisent à mesure que les dates approchent. Si les études coûtent moins que prévu, le surplus se réaffecte selon les conditions du placement et son titulaire ; si elles coûtent plus, le tableau montre ce que les revenus peuvent payer et ce qui manque dans l’épargne.
Votre aîné entre dans le supérieur dans les cinq prochaines années ? Le tableau se construit avec vos revenus, vos placements actuels et leurs conditions de retrait. Votre conseiller part de ce budget, année par année et dans la devise des frais, avant de parler de placement.
Références citées
AMF, « Définir son objectif d’épargne pour bien choisir son placement » (lu le 29/10/2026) · Code civil, article 382 (administration légale des biens du mineur), Légifrance (lu le 29/10/2026)
Questions fréquentes
Dans quelle devise préparer le budget des études d’un enfant ?
Dans la devise où chaque dépense sera payée : la scolarité et le logement dans celle du pays des études, les voyages souvent dans la vôtre. Pour comparer avec vos revenus, convertissez en notant le taux et la date du calcul ; tant que le change n’est pas fait, le coût dans votre monnaie peut encore varier.
Faut-il avoir épargné tout le coût des études avant la rentrée ?
Non. Le capital à réunir est le coût du cursus moins ce que vos revenus paieront chaque année pendant les études. Refaites le calcul avec des revenus plus bas, pour savoir quelles années resteraient couvertes si cette contribution diminuait.
Un placement facile à vendre suffit-il pour payer les prochains frais de scolarité ?
Pas toujours. Il peut se vendre vite après une baisse, donc pour moins que prévu, alors que la facture a une date fixe. Pour une échéance proche qui ne se reporte pas, la somme doit être sur un support dont la valeur ne baisse pas d’ici le paiement, avec un délai de retrait vérifié.
Faut-il placer l’argent des études au nom de l’enfant ?
C’est une décision de transmission avant d’être une décision de budget. Au nom de l’enfant, l’argent lui appartient : en droit français, ses parents l’administrent jusqu’à sa majorité, puis il en dispose. Au nom des parents, il reste le leur. Les règles des pays concernés et de l’établissement se vérifient avant l’ouverture.
ÉTHIQUE ET PATRIMOINE, société par actions simplifiée, siège social 41 rue Saint-Ferdinand, 75017 Paris, RCS Paris 803 414 796, TVA intracommunautaire FR 40 803 414 796, immatriculée à l’ORIAS sous le numéro n° 24001817 (www.orias.fr) — Conseiller en investissements financiers n° 18002418, membre de l’ANACOFI-CIF, association professionnelle agréée par l’Autorité des marchés financiers, et Anacofi-Courtage au titre de l’activité de courtage. Présence : Paris, Montpellier, Londres, Singapour, Hong Kong, Bangkok, Shanghai et Dubaï.
À lire ensuite
Rédigé par Stéphane Molère, Président — page relue le 2026-10-29 — cette date sert de référence aux règles citées.