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La plus-value immobilière du non-résident, prélèvement et notaire

C'est l'opération la plus fréquente d'un expatrié propriétaire : vendre, depuis l'étranger, le bien resté en France. Elle se déroule en trois temps : le compromis, l'accréditation du représentant, la signature. Une option manquée à l'un ne se rattrape pas au suivant.

La plus-value réalisée par une personne qui n'est pas fiscalement domiciliée en France lors de la vente d'un immeuble situé en France est soumise au prélèvement de l'article 244 bis A du Code général des impôts. L'assiette suit les règles des plus-values des particuliers (articles 150 U à 150 VH du CGI) : différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition majoré des frais et des travaux, puis abattements pour durée de détention, dont la cadence diffère pour l'impôt et pour les prélèvements sociaux. Le prélèvement est liquidé et payé par le notaire à la publication de l'acte ; pour une personne physique, il est libératoire de l'impôt sur le revenu. Deux exonérations peuvent l'écarter : celle de la résidence principale (article 150 U II 1° du CGI), qui suppose que le logement soit encore la vôtre au jour de la cession, et celle propre au non-résident (article 150 U II 2°), plafonnée, limitée à un logement et enfermée dans un délai.

La fiche « Immobilier français et SCI quand on devient non-résident » traite cette vente en une section, aux côtés des loyers et de l'IFI. Cette page ne traite que la cession, dans l'ordre où elle se déroule.

L'assiette, et ce qui augmente le prix d'acquisition

Le prix d'acquisition retenu n'est pas celui de l'acte. L'article 150 VB du CGI permet de le majorer des frais d'acquisition, pour leur montant réel justifié ou pour un forfait, et des dépenses de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration, justifiées par des factures d'entreprise. Au-delà d'une certaine durée de détention, le texte ouvre pour ces travaux un forfait qui dispense de produire les factures. Les taux et la durée se lisent dans l'article, à la date de la vente.

Les deux exonérations, dans l'ordre où elles s'appliquent

L'exonération de la résidence principale s'apprécie au jour de la cession. Un vendeur déjà installé à l'étranger n'occupe plus le logement et n'est plus domicilié en France : la condition n'est en principe plus remplie, et c'est pour cela qu'existe une exonération distincte pour le non-résident. D'où un ordre d'opérations : une vente signée avant le transfert du domicile fiscal relève du droit commun ; signée après, elle relève du prélèvement, et c'est le II 2° qu'il faut examiner.

L'article 150 U II 2° du CGI exonère, sous conditions, la plus-value tirée de la cession d'un logement situé en France par une personne physique non résidente. Le texte réserve ce bénéfice aux ressortissants de certains États, dont les États membres de l'Union européenne et les États de l'Espace économique européen liés à la France par une convention d'assistance administrative. Ses conditions se vérifient ensemble ; c'est le calendrier qui se perd le plus souvent.

Le représentant fiscal accrédité

Le représentant fiscal accrédité se porte garant, auprès du Trésor, du paiement du prélèvement et des rectifications ultérieures. L'article 244 bis A prévoit lui-même les dispenses : vendeurs résidents d'un État de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen lié à la France par une convention d'assistance administrative, cessions dont le prix n'excède pas un seuil fixé par le texte, cessions exonérées par la durée de détention. Hors de ces cas, la désignation conditionne la signature.

Prélèvements sociaux et SCI

Les prélèvements sociaux frappent la même plus-value et sont retenus par le notaire au même moment. Leur montant dépend de votre régime de sécurité sociale : une personne affiliée dans un autre État de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou en Suisse échappe en principe à la CSG et à la CRDS, le prélèvement de solidarité restant dû. La fiche « Ce que doit un non-résident au titre de la CSG et de la CRDS » détaille ce raisonnement, issu du règlement (CE) n° 883/2004 et de l'arrêt de Ruyter. La règle d'exécution : l'attestation d'affiliation se remet au notaire, et s'il en existe un au représentant fiscal, avant la signature.

La SCI ne fait pas sortir l'opération du champ. Lorsqu'une SCI à l'impôt sur le revenu vend l'immeuble, la quote-part de plus-value de l'associé non-résident relève du prélèvement de l'article 244 bis A, et la cession de parts d'une société à prépondérance immobilière y est également soumise. L'exonération du II 2° vise en revanche la cession d'un logement par une personne physique : elle n'a pas vocation à couvrir une vente réalisée par une société, fût-elle translucide. La SCI à l'impôt sur les sociétés relève, elle, des plus-values professionnelles calculées sur la valeur nette comptable, sans abattement pour durée de détention.

Le calendrier de l'opération

Les taux, seuils, plafonds et durées évoqués figurent dans les textes cités et sont révisés en loi de finances : ils se vérifient à la date de votre opération, non à la date de lecture. Le traitement effectif dépend de la convention fiscale conclue entre la France et votre État de résidence, de votre régime de sécurité sociale et de la nature du bien vendu. Cette page décrit un mécanisme général et ne remplace pas l'examen de votre dossier.

Questions fréquentes

Quel impôt paie un non-résident qui vend un bien immobilier en France ?

Le prélèvement de l'article 244 bis A du Code général des impôts, liquidé et payé par le notaire lors de la publication de l'acte. Pour une personne physique, il est libératoire de l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux s'ajoutent sur la même plus-value, et une taxe additionnelle est due au-delà d'un montant de plus-value fixé par l'article 1609 nonies G du CGI.

Un expatrié peut-il bénéficier de l'exonération de la résidence principale ?

En principe non, car cette exonération s'apprécie au jour de la cession et suppose que le logement soit alors votre résidence principale. C'est la raison d'être de l'exonération propre au non-résident, prévue à l'article 150 U II 2° du CGI. Une vente signée avant le transfert du domicile fiscal reste, elle, dans le régime de droit commun.

Quelles sont les conditions de l'exonération de l'article 150 U II 2° ?

Avoir été fiscalement domicilié en France de manière continue pendant une durée minimale avant la cession, appartenir à l'une des catégories de ressortissants visées par le texte, et vendre dans le délai qu'il fixe à compter du transfert du domicile, ou avoir la libre disposition du bien depuis au moins le 1er janvier de l'année précédant la vente. L'exonération est plafonnée et limitée à un seul logement par contribuable.

Quand faut-il désigner un représentant fiscal accrédité ?

Dès la signature du compromis, lorsque aucune dispense ne joue. L'article 244 bis A du CGI dispense notamment les résidents de l'Union européenne et de l'Espace économique européen liés à la France par une convention d'assistance administrative, les cessions dont le prix reste sous un seuil fixé par le texte et celles dont la plus-value est exonérée par la durée de détention. La rémunération du représentant se calcule sur le prix de vente, pas sur la plus-value.

La vente d'un bien détenu par une SCI change-t-elle le calcul ?

Pour une SCI à l'impôt sur le revenu, la quote-part de plus-value d'un associé non-résident relève du même prélèvement, et la cession de parts d'une société à prépondérance immobilière y est aussi soumise. L'exonération du II 2° vise la cession d'un logement par une personne physique et n'a pas vocation à couvrir une vente réalisée par une société. Une SCI à l'impôt sur les sociétés relève du régime des plus-values professionnelles, sans abattement pour durée de détention.

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Rédigé par Stéphane Molère, Président d'Éthique et Patrimoinepage relue le 2026-08-30 — les règles citées sont celles en vigueur à cette date.