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Ce que coûtent vraiment les dispositifs de défiscalisation

Un dispositif de défiscalisation n'est pas un placement qui rapporte moins d'impôt, mais une dépense dont on espère qu'elle coûtera moins cher que l'impôt qu'elle efface.

Les dispositifs français de réduction d'impôt se rangent en trois familles qui n'ont ni le même objet ni le même risque. L'investissement outre-mer des articles 199 undecies B et 199 undecies C achète une réduction d'impôt en une fois contre un capital versé à fonds perdu, et cette réduction peut être reprise au contribuable si l'opération ne tient pas ses conditions d'exploitation. La souscription à des fonds d'innovation ou de proximité de l'article 199 terdecies-0 A donne une réduction contre un capital qui reste investi, illiquide plusieurs années, et dont la valeur peut baisser. Le déficit foncier de l'article 156 échappe à cette logique de réduction : il correspond à la déduction d'une charge réellement supportée, sans capital perdu ni reprise possible. Le premier réflexe utile est donc de savoir laquelle de ces trois mécaniques on vous propose.

Le Girardin, ce que l'on achète et ce que l'on risque

Le mécanisme tient en une phrase. Vous financez un investissement productif ou du logement social outre-mer, vous n'en attendez aucun retour en capital, et vous obtenez en échange une réduction d'impôt sur le revenu supérieure à la somme versée. Le rendement de l'opération est cet écart et rien d'autre. Il n'y a pas de rendement de marché, pas de plus-value, pas de restitution. Le capital est perdu par construction : c'est le mécanisme du dispositif, pas un signal d'alerte.

Le risque est donc un risque de reprise, non un risque de marché. La réduction est accordée sous condition que le bien soit conservé et exploité pendant une durée minimale par l'exploitant local. Si cette condition n'est pas tenue, par défaillance de l'exploitant, matériel jamais installé ou montage non conforme, l'administration reprend l'avantage auprès du contribuable qui l'a demandé, et non auprès du monteur qui l'a organisé. La qualité du monteur, l'existence d'une garantie de bonne fin et la solidité de l'exploitant sont par conséquent les seuls éléments qui séparent deux opérations identiques sur le papier.

Le cabinet distribue ce type d'opération. Cette page décrit un mécanisme et ses risques, elle ne constitue ni une recommandation ni une sollicitation. Aucune souscription ne se fait sans examen individuel préalable, sans calcul préalable de l'impôt dû et sans remise des documents précontractuels prévus par la réglementation.

Une réserve qui vise particulièrement les expatriés

Une réduction d'impôt ne sert à rien au-delà de l'impôt dû. Deux situations très fréquentes chez nos clients réduisent cet impôt bien en dessous de ce qu'ils imaginent. Le non-résident n'est imposable en France que sur ses revenus de source française, souvent sous un régime de taux minimum. Et la personne qui rentre sous le régime d'impatriation voit sa prime exonérée, ainsi que la moitié de certains revenus passifs de source étrangère. Dans les deux cas, calibrer un Girardin sur la note que l'on croyait devoir, sans avoir vérifié ce qu'on doit, conduit à acheter une réduction dont une partie ne s'imputera sur rien. Le calcul de l'impôt dû précède la souscription ; il ne la suit pas.

Les fonds d'innovation et de proximité

La souscription à un fonds commun de placement dans l'innovation ou à un fonds d'investissement de proximité ouvre une réduction d'impôt sur le revenu au titre de l'article 199 terdecies-0 A. À la différence du Girardin, le capital n'est pas perdu d'avance. Il reste investi dans des sociétés non cotées, avec tout ce que cela implique : illiquidité pendant plusieurs années, durée de détention minimale imposée pour conserver l'avantage, dispersion très large des résultats d'un fonds à l'autre, et frais de gestion qui pèsent sur la performance nette. La réduction est acquise à la souscription. La valeur de sortie, elle, n'est promise par personne.

Le déficit foncier, le plus sobre des trois

Si vous détenez un bien locatif en France et que vous y engagez des travaux d'entretien, de réparation ou d'amélioration, les charges déductibles peuvent excéder les loyers perçus. L'excédent s'impute sur le revenu global dans une limite annuelle, et le solde se reporte sur les revenus fonciers des années suivantes. Il ne s'agit pas d'un montage : ce sont des dépenses réellement supportées qui viennent en déduction. Il n'y a ni capital perdu, ni condition tenue par un tiers, ni reprise possible tant que les dépenses sont justifiées et que le bien reste loué pendant la durée requise. Pour qui rentre et rénove, c'est presque toujours le premier dispositif à examiner, et presque toujours le dernier qu'on lui présente. La fiche Investir en immobilier locatif en France depuis l'étranger traite la détention elle-même.

Cette page décrit des mécanismes généraux et ne constitue ni un conseil fiscal personnalisé ni une recommandation d'investissement. Aucun de ces dispositifs n'est adapté par nature. Le Girardin comporte un risque de reprise de la réduction en cas de défaillance de l'opération, les fonds d'innovation comportent un risque de perte en capital et une illiquidité de plusieurs années, et le déficit foncier suppose des dépenses engagées et justifiées. Les taux, plafonds et durées de conservation sont fixés par la loi et modifiés régulièrement, et ne sont volontairement pas reproduits ici. Toute souscription doit être précédée d'un calcul de l'impôt dû et d'un examen individuel.

Questions fréquentes

Le Girardin est-il un placement ?

Non, et le présenter ainsi est la première source de malentendu. Le capital versé est perdu par construction : il n'y a ni rendement, ni plus-value, ni restitution. Le gain de l'opération est l'écart entre la somme versée et la réduction d'impôt obtenue, acquis en une fois. Ce qui reste ensuite est un risque plutôt qu'un actif : celui que la réduction soit reprise si l'opération ne tient pas ses conditions d'exploitation.

Qui supporte le risque si l'opération outre-mer échoue ?

Le contribuable. La réduction est accordée sous condition de conservation et d'exploitation du bien pendant une durée minimale. Si la condition n'est pas tenue, l'administration reprend l'avantage auprès de celui qui l'a demandé, et non auprès du monteur. C'est la raison pour laquelle la solidité de l'exploitant et l'existence d'une garantie de bonne fin sont les seuls critères qui distinguent deux opérations présentées de la même façon.

Un non-résident a-t-il intérêt à souscrire un dispositif de défiscalisation ?

Rarement, et pour une raison simple : une réduction ne s'impute que sur l'impôt français dû. Un non-résident n'est imposable en France que sur ses revenus de source française, souvent sous un régime de taux minimum, si bien que l'impôt à effacer est faible et parfois nul. Le sujet se pose très différemment l'année du retour, quand l'imposition redevient mondiale. Le calcul se refait à ce moment-là, pas avant.

Quelle est la différence entre une réduction d'impôt et une déduction ?

Une déduction diminue le revenu sur lequel l'impôt est calculé, donc sa valeur dépend de votre taux marginal. Une réduction s'impute directement sur l'impôt dû, donc son montant ne dépend pas de votre taux, mais elle ne peut pas dépasser l'impôt que vous devez. Le déficit foncier et l'épargne retraite sont des déductions, le Girardin et les fonds d'innovation sont des réductions. La confusion entre les deux fausse la plupart des comparaisons.

Existe-t-il un dispositif sans risque de reprise ?

Le déficit foncier s'en approche, parce qu'il ne repose sur aucun engagement tenu par un tiers : ce sont vos propres dépenses, sur votre propre bien, déduites de vos propres revenus. Les conditions à respecter, soit la nature des travaux, la justification des dépenses et le maintien du bien en location pendant la durée requise, dépendent de vous seul, ce qui n'est le cas d'aucun des deux autres.

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Rédigé par Stéphane Molère, Président d'Éthique et Patrimoinepage relue le 2026-08-30 — les règles citées sont celles en vigueur à cette date.