Aller au contenu
Valley International

Valley International / contrats luxembourgeois

Fiscalité du contrat luxembourgeois selon le pays de résidence

La fiscalité d’un contrat luxembourgeois dépend de votre pays de résidence et de l’opération envisagée. Au décès, la situation des bénéficiaires peut aussi entraîner une imposition dans un autre pays. Ces règles doivent être examinées avant un retrait ou un changement de résidence.

La fiscalité du contrat doit être examinée dans les pays concernés. Un changement de résidence peut modifier le traitement des revenus, des retraits et des capitaux décès. La date d’ouverture conservée n’implique pas un avantage identique dans chaque pays. Pour la France, les rachats d’un contrat souscrit auprès d’un assureur établi hors de France sont notamment encadrés par les articles 120 et 122 du CGI, qui rendent applicable sous conditions l’abattement de l’article 125-0 A.

Les questions à poser, pays par pays

Résident fiscal français

Le contrat luxembourgeois est traité comme une assurance-vie française. Seule la part de gains comprise dans un rachat est imposable, selon les articles 120 et 122 du CGI, au prélèvement forfaitaire unique ou, sur option globale, au barème progressif, avec les prélèvements sociaux. Après huit ans, l’abattement annuel de l’article 125-0 A sur cette part de gains s’applique pour un assureur établi dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune).

Au décès, l’article 990 I régit les capitaux correspondant aux primes versées avant le soixante-dixième anniversaire de l’assuré, avec un abattement propre par bénéficiaire ; l’article 757 B régit ceux correspondant aux primes versées après, soumis aux droits de succession selon le lien de parenté, après un abattement global. Le contrat doit être déclaré au titre de l’article 1649 AA du CGI, et la fraction de sa valeur représentative d’actifs immobiliers imposables entre dans l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière, articles 964 et suivants du CGI.

Singapour, Hong Kong, Émirats arabes unis

Ces trois juridictions n’imposent pas, en principe, les gains en capital des personnes physiques (à Hong Kong, un gain réalisé dans le cadre d’une activité de négoce reste imposable) et ne prélèvent pas de droits de succession. Singapour applique un principe de territorialité aux revenus des personnes physiques, les revenus de source étrangère étant en règle générale hors champ, sous conditions.

Hong Kong applique une territorialité stricte, limitée aux revenus de source hongkongaise, et n’a plus de droits de succession. Aux Émirats arabes unis, il n’existe pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques ni de droits de succession ; l’impôt sur les sociétés introduit récemment vise l’activité d’entreprise, non les placements privés. Dans ces trois pays, le contrat capitalise donc dans un environnement fiscal très léger, ce qui rend son traitement au retour ou au prochain déménagement d’autant plus important.

La vigilance porte ailleurs que sur l’impôt. Aux Émirats, la dévolution successorale d’un non-musulman peut relever de règles locales à défaut de disposition contraire, et les dispositifs de testament proposés par certaines juridictions à statut particulier existent pour cela : la clause bénéficiaire du contrat se coordonne avec ces règles. À Singapour comme à Hong Kong, la question déterminante est celle de la nationalité et de la résidence des bénéficiaires, qui commanderont leur propre fiscalité à la réception des capitaux.

Suisse

Les gains en capital sur fortune privée sont en principe exonérés. En revanche, la valeur de rachat d’un contrat susceptible de rachat entre dans l’assiette de l’impôt sur la fortune, qui est cantonal et communal.

Le traitement du rendement d’une assurance de capitaux à prime unique susceptible de rachat obéit à des règles propres, avec des conditions d’exonération tenant notamment à l’âge à la conclusion, à la durée du contrat et à l’âge au dénouement : c’est le point à faire vérifier avant de souscrire, canton par canton. Les droits de succession sont également cantonaux et varient fortement, plusieurs cantons exonérant les transmissions en ligne directe.

Royaume-Uni

Le Royaume-Uni applique des règles de chargeable event gains aux contrats étrangers. Certains événements ou retraits peuvent entraîner une imposition. Les possibilités de retrait avec report d’imposition et les allègements dépendent des conditions du régime. Il faut également examiner le personal portfolio bond, traité ci-dessous, avant de conclure à une absence d’imposition annuelle.

Un point est décisif et propre au Royaume-Uni : le régime dit du personal portfolio bond. Lorsque le souscripteur peut sélectionner lui-même les actifs sous-jacents en dehors de catégories autorisées, une charge annuelle punitive s’applique, calculée même en l’absence de tout gain. Un contrat luxembourgeois structuré en fonds d’assurance spécialisé, ou en fonds interne dédié mal paramétré, peut tomber dans ce régime.

Pour un résident britannique, la structuration du véhicule d’investissement doit être examinée avant la souscription, pas après. Par ailleurs, le régime de faveur historiquement attaché à la notion de domicile a été réformé récemment : sa version applicable à votre situation se vérifie à la date de votre installation.

Belgique

Une taxe sur les primes est due lors du versement sur un contrat d’assurance-vie souscrit par une personne physique. Le traitement des produits dépend ensuite de la nature du contrat : les contrats sans rendement garanti, dits de la branche 23, échappent en principe au précompte mobilier, tandis que les contrats comportant une garantie de rendement relèvent d’un régime distinct.

Les droits de succession sont régionaux, avec des tarifs et des abattements propres à chaque région, et l’attribution des capitaux décès y est traitée selon des règles particulières. La rédaction de la clause bénéficiaire pour un résident belge est un exercice technique à part entière.

Portugal

Les rachats d’un contrat d’assurance-vie sont imposés comme des revenus de capitaux, avec une particularité utile : l’assiette imposable est réduite en fonction de la durée de détention du contrat, sous conditions relatives au rythme des versements. Il n’existe pas de droits de succession au sens strict ; un droit de timbre s’applique à certaines transmissions, les transmissions au conjoint et en ligne directe en étant en principe exclues.

Le régime de faveur pour les nouveaux résidents a été remplacé par un dispositif plus étroit, ciblé sur certaines activités : son bénéfice ne doit pas être présumé et se vérifie avant l’installation. La page « Dix-sept pays, convention fiscale par convention fiscale » donne le point de départ pays par pays.

Le moment le plus sensible : l’année du déménagement

Un rachat effectué quelques semaines avant ou après un changement de résidence ne relève pas de la même loi fiscale, et l’écart peut être considérable. La date de transfert de résidence, la date de valeur du rachat et, le cas échéant, les règles anti-abus du pays de départ se traitent ensemble, avant l’opération.

Aucun taux d’imposition étranger n’est cité sur cette page, volontairement : ces régimes évoluent et leur application dépend de votre situation personnelle, de la durée de détention, du rythme des versements et de la structuration du contrat. Les mécanismes décrits doivent être confirmés, pour chaque pays, par un conseil fiscal local et au vu de la convention fiscale applicable avec la France. Le statut de US person, la citoyenneté américaine et la détention d’une carte verte entraînent des obligations propres qui ferment la plupart des contrats. Cette page ne constitue pas un conseil fiscal.

Références citées

CGI, art. 120 · CGI, art. 122 · CGI, art. 125-0 A · CGI, art. 750 ter · CGI, art. 1649 AA

Questions fréquentes

Le Luxembourg prélève-t-il un impôt sur mon contrat ?

La neutralité fiscale luxembourgeoise évite en principe une imposition luxembourgeoise des prestations du contrat pour un non-résident. Elle ne dispense pas d’examiner les impôts dans les autres pays concernés. Pour les capitaux décès, la situation du bénéficiaire compte aussi ; la seule résidence du souscripteur ne permet pas de conclure.

Que se passe-t-il si je change de pays de résidence ?

Vérifiez d’abord que l’assureur accepte le nouveau pays et dans quelles conditions le contrat peut être maintenu. Son traitement fiscal doit ensuite être analysé localement : détention, retraits et décès peuvent suivre des règles différentes. La conservation de la date d’ouverture ne suffit pas à déterminer le résultat.

Un résident britannique peut-il souscrire un contrat luxembourgeois ?

Oui, mais la structuration du véhicule d’investissement doit être examinée en amont. Le Royaume-Uni applique aux contrats dont le souscripteur peut sélectionner lui-même des actifs hors catégories autorisées un régime dit du personal portfolio bond, qui déclenche une charge annuelle punitive, due même en l’absence de gain. Un fonds d’assurance spécialisé ou un fonds interne dédié mal paramétré peut y tomber. Un conseil fiscal britannique doit valider le montage avant la souscription.

Un contrat luxembourgeois est-il utile à Dubaï, où il n’y a pas d’impôt ?

Il peut répondre à des besoins de gestion ou de transmission, mais l’absence d’impôt local ne suffit pas à justifier sa souscription. Comparez les frais, les investissements et les conditions de maintien dans un prochain pays. L’ancienneté n’a d’intérêt que selon le régime qui lui sera effectivement appliqué.

Existe-t-il une convention fiscale sur les successions avec mon pays de résidence ?

Rarement. La France n’a conclu de convention en matière de droits de succession qu’avec un nombre limité d’États, bien inférieur à celui des conventions sur les revenus. En l’absence de convention, l’article 750 ter du Code général des impôts peut rendre une succession imposable en France, notamment lorsque le défunt y était domicilié ou lorsque l’héritier y réside depuis un certain temps, avec un risque de double imposition à traiter en amont.

ÉTHIQUE ET PATRIMOINE, société par actions simplifiée, siège social 41 rue Saint-Ferdinand, 75017 Paris, RCS Paris 803 414 796, TVA intracommunautaire FR 40 803 414 796, immatriculée à l’ORIAS sous le numéro n° 24001817 (www.orias.fr) — Conseiller en investissements financiers n° 18002418, membre de l’ANACOFI-CIF, association professionnelle agréée par l’Autorité des marchés financiers, et Anacofi-Courtage au titre de l’activité de courtage. Présence : Paris, Montpellier, Londres, Singapour, Hong Kong, Bangkok, Shanghai et Dubaï.

Faire analyser ma situation pays par pays

Prendre rendez-vous

À lire ensuite

Le contrat luxembourgeois suit-il un changement de résidence ?

Rédigé par Stéphane Molère, Président d’Éthique et Patrimoine — page relue le 2026-09-15 — date de référence des règles : 2026-08-27.