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Valley International / contrats luxembourgeois

Actifs éligibles d'un contrat luxembourgeois et non coté

C'est la raison technique pour laquelle on va au Luxembourg : loger dans une enveloppe d'assurance des actifs que les contrats français grand public n'acceptent pas. Encore faut-il connaître les limites.

Un contrat luxembourgeois peut loger, à l'intérieur d'un fonds interne, des actifs qu'un contrat d'assurance-vie français grand public n'admet généralement pas : parts ou actions de fonds de private equity, de dette privée et de fonds d'infrastructure ; titres non cotés, actions ou obligations d'entreprises non admises à la négociation ; produits structurés conçus sur mesure pour le contrat ; immobilier détenu indirectement, par parts de véhicules d'investissement immobilier ; liquidités, dépôts et titres libellés dans plusieurs devises. Cette ouverture n'est pas sans borne : les règles d'investissement du Commissariat aux Assurances (CAA) subordonnent l'éligibilité de chaque catégorie d'actif à la catégorie d'investisseur du souscripteur, déterminée par son patrimoine financier et par le montant de prime investie, et imposent des règles de diversification et des limites de concentration par émetteur. Trois contraintes de fait s'y ajoutent, indépendantes de la réglementation : la liquidité, la valorisation et l'acceptation par l'assureur.

Ce qui se loge, catégorie par catégorie

Les limites que la brochure ne met pas en avant

La liquidité pose une contrainte concrète. Un fonds de private equity appelle du capital pendant plusieurs années et distribue selon son propre calendrier ; une participation non cotée ne se cède pas sur commande. Le contrat, lui, doit pouvoir honorer un rachat. Il faut donc conserver dans le fonds interne une poche liquide dimensionnée pour les besoins prévisibles, et savoir qu'un rachat total sur un contrat chargé en actifs illiquides peut prendre des mois, ou se faire par transfert d'actifs quand l'assureur l'admet.

La valorisation compte tout autant. La valeur de votre contrat est celle du fonds interne, donc celle des actifs qui le composent. Un titre non coté est valorisé selon une méthode et une périodicité définies à l'avance : expertise, valeur d'inventaire du fonds, ou dernière transaction significative. Cette périodicité commande tout : la valeur affichée sur votre relevé, le montant d'un rachat, l'assiette d'un nantissement, et la valeur retenue au décès pour la transmission. Une valorisation annuelle sur un actif volatil n'est pas une information de gestion.

Reste l'acceptation par l'assureur : la réglementation autorise, mais c'est lui qui décide. Chacun publie sa propre liste d'actifs acceptés et son propre processus d'entrée : analyse juridique du véhicule, documentation, capacité de valorisation, gestion des appels de fonds, coût d'administration. Un actif théoriquement éligible peut être refusé parce que l'assureur ne veut pas l'administrer. Autant le vérifier avant de souscrire.

Faire entrer un actif que l'on détient déjà

L'apport d'actifs existants dans un contrat luxembourgeois — au lieu d'un versement en numéraire — est possible chez certains assureurs. Le point à traiter n'est pas luxembourgeois : c'est le traitement fiscal de l'apport dans votre pays de résidence. Transférer la propriété d'un titre à un assureur est, dans la plupart des fiscalités, une cession, susceptible de déclencher l'imposition de la plus-value latente. L'ordre des opérations et le moment choisi, notamment au regard d'un changement de résidence, se décident avec un conseil fiscal avant tout engagement.

Les actifs non cotés et les fonds de private equity présentent un risque de perte en capital, une liquidité réduite ou nulle pendant plusieurs années, et une valorisation périodique qui n'est pas un prix de marché. Les produits structurés exposent au risque de crédit de leur émetteur. La détention en devise expose au risque de change. Les catégories d'investisseur, les seuils correspondants et la liste des actifs autorisés relèvent de la réglementation du Commissariat aux Assurances et de la politique de chaque assureur : ils ne sont pas reproduits ici et se vérifient au cas par cas. Cette page ne constitue pas un conseil en investissement.

Questions fréquentes

Peut-on mettre du private equity dans un contrat luxembourgeois ?

Oui, via un fonds interne, sous trois conditions cumulatives : votre catégorie d'investisseur au sens des règles du Commissariat aux Assurances doit autoriser cette classe d'actif, l'assureur doit accepter de l'administrer — appels de capitaux, distributions, valorisation périodique —, et le fonds interne doit conserver assez de liquidité pour honorer un rachat. C'est l'un des principaux motifs de souscription d'un contrat luxembourgeois.

Un contrat luxembourgeois peut-il détenir un immeuble ?

Pas en direct. Un fonds interne peut en revanche détenir des parts de véhicules d'investissement immobilier — fonds immobiliers ou sociétés dédiées — selon ce que l'assureur accepte. Pour un résident français, la fraction de la valeur de rachat représentative d'actifs immobiliers imposables entre dans l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière, articles 964 et suivants du Code général des impôts.

Peut-on détenir un contrat luxembourgeois en dollars ou en francs suisses ?

Oui. Le contrat peut être libellé dans une devise autre que l'euro, alimenté et racheté dans cette devise, et détenir des actifs libellés dans plusieurs devises. C'est un avantage concret pour un expatrié dont les revenus et les dépenses ne sont pas en euros. La contrepartie est le risque de change, qui reste à votre charge et qui doit être choisi, pas subi.

Peut-on apporter des titres que l'on détient déjà, au lieu de verser des espèces ?

Certains assureurs l'acceptent. La difficulté n'est pas luxembourgeoise mais fiscale : le transfert de propriété au profit de l'assureur constitue, dans la plupart des fiscalités, une cession pouvant déclencher l'imposition de la plus-value latente. L'opportunité et le calendrier de l'apport se décident avec un conseil fiscal du pays de résidence avant tout engagement.

Y a-t-il des actifs qu'un contrat luxembourgeois ne peut pas loger ?

Oui. Un fonds interne ne détient pas d'immeuble en direct, ne peut pas concentrer l'essentiel de sa valeur sur un seul émetteur en dehors des cas autorisés, et ne doit pas permettre au souscripteur d'exercer une influence sur une société non cotée détenue. Au-delà de la réglementation, chaque assureur applique sa propre liste d'actifs acceptés : un actif éligible en droit peut être refusé faute de capacité d'administration.

ÉTHIQUE ET PATRIMOINE, société par actions simplifiée, siège social 41 rue Saint-Ferdinand, 75017 Paris, RCS Paris 803 414 796, TVA intracommunautaire FR 40 803 414 796, immatriculée à l'ORIAS sous le numéro n° 24001817 (www.orias.fr) — Conseiller en investissements financiers n° 18002418, membre de l'ANACOFI-CIF, association professionnelle agréée par l'Autorité des marchés financiers, et Anacofi-Courtage au titre de l'activité de courtage. Présence : Paris, Montpellier, Singapour, Hong Kong, Bangkok, Shanghai et Dubaï.

Faire vérifier l'éligibilité de mes actifs

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Rédigé par Stéphane Molère, Président d'Éthique et Patrimoinepage relue le 2026-08-27 — les règles citées sont celles en vigueur à cette date.